Art et immobilier : des marchés comparables ?

30 novembre 2018 par Chass Appart

Lu dans Le Journal de l’agence, sous ce titre un article de Fabrice Larceneux, chercheur au CNRS.

A priori, on associe art à plaisir, émotion, subjectivité et peut-être futilité et, à l’opposé, immobilier à rationalité, rentabilité, plus-value, rentabilité et nécessité (d’avoir un toit).

Mais le collectionneur peut aussi investir dans des œuvres, parier sur un artiste, … et on achète souvent un bien immobilier sur un coup de cœur.

Ces deux marchés ont quatre points communs :

• L’offre pré-existe à la demande. Contrairement aux produits de grande consommation qui sont conçus pour répondre à la demande du consommateur, l’œuvre comme la maison ou l’appartement sont le résultat de la créativité de l’artiste ou du vendeur

• Biens immobiliers et œuvres sont uniques et non reproductibles

• La valeur des biens est définie par des intermédiaires. Les galeristes et agents immobiliers aident à définir la valeur des biens, en font la promotion de telle sorte que l’offre et la demande se rencontrent

• Le prix du bien résulte de l’accord entre un vendeur et un acheteur. L’acheteur d’un bien immobilier fait une ou des offre(s) d’achat au vendeur, l’amateur d’art peut enchérir au cours d’une vente

• Il n’existe pas, comme pour les biens de grande consommation, un marché unique, mais une multitude de petits marchés avec leur fonctionnement propre. Pour l’immobilier les marchés sont liés à la localisation (le marché Parisien n’a rien de commun avec celui de Biarritz ou de Strasbourg) ou du type de biens (maison, hôtel particulier, …) de sa surface, de sa qualité, … Pour l’art, en regroupant par catégorie les œuvres vendues par une cinquantaine de maisons de vente aux enchères, l’auteur identifie 7 marchés et constatent que les indicateurs comme les prix moyen au m² par ville ou quartier agrègent un grand nombre de données ce qui en diminue la pertinence. Dit familièrement : on mélange des choux et des carottes

Art et immobilier sont gouvernés par des motivations de recherche de rentabilité et d’investissement patrimonial et par la recherche de plaisir, d’émotion positives et de distinction sociale. Pour l’auteur, ces deux marchés sont complémentaires. L’un, l’immobilier est ancré dans la terre, répond à un besoin vital. L’art, a priori superflu répons à un besoin d’élévation et de rêve. Ces deux marchés sont donc complémentaires